Le kamishibai, théâtre de papier venu du Japon

Tandis que sous nos latitudes nous sommes familiers du théâtre de marionnettes, au pays du soleil levant, une autre manière de conter est devenue populaire au cours des siècles. Cet art ancien, le kamishibai, a traversé les océans pour venir jusqu’à nous et continue de séduire de nouveaux auditoires. 

Kami… quoi ? Présentation et historique succinct du kamishibai

La traduction littérale de ce terme japonais veut dire « pièce de théâtre sur papier ». Si le kamishibai est une histoire écrite sur des fiches de papier il faut donc un cadre, un support pour les présenter, c’est le butai. 

Le kamishibai est un théâtre d'image japonais, ici en bois.

kamishibai

 Ce mode de narration date du XIIe siècle et a été développé par les moines bouddhistes afin de conter leurs récits, souvent moralisants, notés sur des rouleaux de papier. Le kamishibai fut ensuite longtemps presque oublié puis resurgit à la fin du XIXe siècle au moment de l’apparition du cinéma au japon. Cet art ne prit véritablement son essor qu’au XXème siècle, avec l’apparition du premier kamishibai pour enfants, un des premiers super héros de manga : Ogon Bat ! D’ailleurs, plusieurs mangaka ont commencé leur carrière avec ces fameux kamishibai.

Ogon bat es un personnage de Takeo Nagamatsu. On le voit dans des kamishibai dès les années 30. C'est l'un des premiers super héros. Né dans les années 30,

Ogon Batto Kamishibai

Ainsi, Shigueru Mizuki (Yokai, Mon copain le kappa) Goseki Kojima (Lone Wolf and Cub) ou encore Sampei Shirato (Kamui-den), pour ne citer qu’eux, firent leurs armes, affûtèrent leur plume sur des kamishibai.  

Que le spectacle commence ! Les raisons du succès des théâtres de papier

Concrètement, le butai est un petit théâtre, en bois ou en carton, à deux ou trois volets qui en permettent l’équilibre sur une table. A l’intérieur on y place le kamishibai composé de différentes fiches numérotées. Sur le recto de ces fiches le spectateur peut voir le dessin correspondant à une partie de l’histoire contée. Du coté verso le conteur à inscrit le texte de l’image ainsi qu’une miniature en noir et blanc reproduisant l’image vu par les spectateurs. 

Le fait de faire défiler ces fiches permet de partir d’une image pour rentrer dans une autre. Cela fait vivre l’image, la met en jeu car ces fiches ont également des indications sur comment les retirer (plus ou moins vite, la retirer en plusieurs fois…). En plus de jouer sur le ton, l’émotion, on crée donc du suspense, de la surprise. Cela incite à la participation un peu à l’image d’un théâtre de marionnettes en jouant avec le spectateur. Quand on raconte l’histoire on regarde les réactions des spectateurs on est tourné vers eux et les spectateurs vers le conteur, contrairement au livre où les deux parties regardent la même chose, l’objet, le livre. 

 

Le conteur raconte ses histoires en faisant défiler les images. C'est un peu l’ancêtre du manga.

conteur et son kamishibai

Ce théâtre d’images a fait son apparition en Europe en 1970 … Hé oui vous ne rêvez pas ! Alors on se demande pourquoi on n’en parle que maintenant… Parce que toutes les bonnes choses se font attendre. Moi je dis pour le comprendre il faut l’essayer alors un petit tour à la maison de la culture du japon pour pouvoir assister à un conte ou si vous êtes en Alsace allez voir « Tonton Michel » ou son site MK67. L’essayer c’est l’adopter ! 

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