Le kaminarimon, ou comment construire la porte d’un temple en sept heures

Est-ce que vous aimez les travaux minutieux ? Les petites choses à monter, à assembler, type puzzle ? Ces derniers temps, il y a tout plein de trucs sympas à faire ! Il ne me vient pas à l’idée de les acheter moi-même, tout simplement parce que les copines s’en chargent ! Cette année, Chidori a fait fort. Elle m’a offert un paper nano. Kézako ? Une invention japonaise pour vous bousiller les yeux et tester votre patience !

 
 

Plus sérieusement, le but est de faire une maquette (miniature !) en papier. Pour cela, vous avez besoin des plaquettes avec les différentes pièces prédécoupées mais aussi d’une pince de précision (ou pince à épiler), de colle et d’un petit cutter. Je vous conseille aussi de vous mettre dans une pièce assez lumineuse (ou avec une lampe) et d’avoir une bonne après-midi devant vous (voire deux).

Les indications sont en japonais et en anglais mais heureusement les illustrations sont bien faites. Comme tout bâtiment, j’ai dû commencer par les fondations. J’ai vite abandonné la colle en stick pour de la glue, bien plus pratique dans ce cas. Et là, j’ai très vite compris que cela allait être plus long que ce que je croyais car, pour créer de l’épaisseur, plusieurs pièces doivent être collées entre elles.

Le travail est long et minutieux. Il faut de bons yeux, une bonne lumière et quelques tonnes de patience. Chaque statue est composée de deux pièces en cartons collées entre elles pour donner un peu de relief. Mais le plus dur a été la lanterne. Cela faisait plusieurs heures que j’y étais, j’avais l’impression de ne pas en voir le bout. Et là, je me retrouve avec la lanterne ! Un petit rectangle que je dois découper selon les pointillés avant de coller des extrémités minuscules entre elles pour créer la forme ! Forme dans laquelle je dois glisser un encore plus minuscule cylindre pour solidifier le tout.

Là, je dois avouer avoir arrêté. Je devais y être depuis cinq heures. La nuit commençait à tomber et j’en avais franchement plein les pattes.

Du coup, j’ai terminé le toit le lendemain. Là encore, beaucoup de petites pièces. J’avais vraiment l’impression de vraiment bâtir le temple ! Heureusement, il ne restait qu’une pièce à monter.

Mais entre cela et le cadre qui abritera ma merveille, j’en ai pour encore deux heures avant de tout poser et d’admirer mon œuvre. Autant vous dire que j’étais soulagée ! Et pas peu fière. C’est cela que j’aime bien dans ce genre d’activités. Cela décore et à chaque fois que je l’observe, j’ai la satisfaction du travail effectué.

Je me demande bien ce que Chidori et Midori vont me trouver après ça…

Le modèle choisit par Chidori est un clin d’œil à notre voyage au Japon. Le kaminarimon est la porte principale du temple Senso-ji, situé Asakusa, à Tokyo. C’est le plus vieux temple de la capitale et il est dédié à la déesse Kannon. Cette « porte de la foudre » a été construit en 941 près de Komagata, avant d’être déplacée à son emplacement actuel en 1635. Le kaminarimon a dû être reconstruit peu de temps après, en 1649, après avoir été entièrement détruit par les flammes. J’ai été assez surprise lors de mon voyage de découvrir que quasiment tous les bâtiments ont été faits et refaits de multiples fois. Que ce soit après une catastrophe, ou à l’occasion d’une simple rénovation, les Japonais rasent tout et reconstruisent. La dernière reconstruction de cette porte date de 1960.

Le kaminarimon de Tokyo

Mon kaminarimon

Une autre particularité qui m’a surprise est le mélange entre religion shintoïste et bouddhiste. Dans le kaminarimon, les piliers du temple abritent quatre statues. A l’avant sont représentés les dieux shintô Fûjin (« dieu du vent ») et Raijin (« dieu du tonnerre »). A l’arrière, on retrouve le dieu bouddhiste Tenryu et la déesse Kinryu. Finalement, peu importe la croyance. Seule la spiritualité, le rite, semble vraiment compter. Alors qu’un même torii se retrouve avec des représentations de dieux de deux religions différentes sans faire sourciller personne.

statues du dieu bouddhiste Tenryu et de la déesse Kinryu

Le kaminarimon donne sur une longue allée commerçante. Le troisième week-end de mai, on y célèbre la Sanja Matsuri, un festival en l’honneur des trois hommes qui fondèrent le temple : Hinokuma Hamanari, Hinokuma Takenari et de Hajino Nakatomo.

Pendant que je faisais cela, Chidori décidait de doter le Potager de petits animaux tout mignons. A l’occasion de la Japan expo, vous devriez pouvoir découvrir une farandole de dessins trop kawaii !

En attendant, on se prépare pour le prochain salon, qui aura lieu dans un mois, en Picardie, à l’occasion du Manga Creil 10 – Virtual game.

Ladilae

 

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