Une journée très spéciale

Une nouvelle journée commençait au Potager. Le soleil dardait ses premiers rayons, au milieu d’un ciel sans nuage. Les oiseaux chantaient. Le Jardinier s’éveilla doucement, un sourire aux lèvres. Aujourd’hui était un jour particulier. C’était son anniversaire. Chaque année, Lapin-san était aux petits soins pour lui, lui préparant un petit-déjeuner spécial, avec des pancakes aux formes rigolotes, de la confiture faite-maison et du café préparé à partir des meilleurs grains. Il le laissait faire ce qu’il voulait de la journée, jusqu’au soir où, pour le dîner, il lui aurait confectionné le meilleur et le plus beaux des gâteaux d’anniversaire. Quant à la Carotte, il avait hâte de savoir quels cadeaux drôles et originaux elle lui avait trouvé.

Pour l’occasion, le Jardinier revêtit son plus beau tablier, chaussa ses sabots les plus polis et attrapa son chapeau avant de se rendre dans la cuisine.

– Bonjour ! lança-t-il à la cantonade en entrant.

Lapin-san leva à peine les yeux de son journal, alors que la Carotte grommela quelque chose, le nez plongé dans son bol de céréales. Nulle odeur de café alléchante et aucun pancake en vue. Peut-être attendaient-ils qu’il arrive pour tout préparer ?

– Quelle belle journée ! dit-il en avançant dans la pièce.
– Si vous le dîtes, répondit Lapin-san en repliant son journal.

Il se leva et attrapa sa tasse de thé.

– J’ai une importante réunion ce matin. Je ne sais pas quand je serai de retour. Je vous ai laissé une liste des choses à faire aujourd’hui. Je compte sur vous.

Il déposa sa tasse dans le lave-vaisselle et s’apprêtait à quitter la pièce quand il s’arrêta, fronça les sourcils et demanda au Jardinier :

– Est-ce que vous allez bien ? Vous faîtes une drôle de tête.

Le Jardinier ouvrit et ferma la bouche avant de bredouiller un oui. Cela sembla suffire à Lapin-san.

– Bien, dit-il. Alors bonne journée. Au fait, la Carotte a encore oublié de passer à l’épicerie. Il n’y a plus de café.

Puis il sortit, laissant derrière lui un Jardinier complètement désemparé. Où étaient ses pancakes ? Et sa confiture ? Il n’y avait même pas de café ! La Carotte se leva à son tour, remplit le lave-vaisselle et annonça :

– Je vais passer à l’épicerie maintenant. Un seul savon par jour me suffit. Je reviens vite. Vous voulez que je vous ramène quelque chose ?
– Heu… non, merci.
– D’accord. A tout à l’heure.

La Carotte s’en fut à son tour, laissant le Jardinier seul au milieu d’une cuisine vide, où il n’y avait ni pancake, ni café. Cette journée ne se passait pas du tout comme prévue !

Le reste ne fut pas mieux. Tout le monde sembla avoir oublié l’anniversaire du Jardinier. Il tenta bien de faire quelques allusions à la Carotte, mais celle-ci était tellement occupée à courir partout pour faire il ne savait pas quoi qu’elle ne comprenait pas. Lapin-san n’était toujours pas revenu et le Jardinier se retrouvait avec toute la liste des corvées qu’il lui avait laissées.

Le soleil et les oiseaux ne faisaient que déprimer un peu plus le Jardinier, qui se sentait complètement délaissé. Résolu à ce que cette journée se termine vite, il bâcla vite fait bien fait le travail. Lapin-san réapparu en fin d’après-midi, heureux de son rendez-vous d’affaires. Il leur demanda à tous les deux comment la journée s’était passée. La Carotte fut plus enthousiaste que le Jardinier qui, très vite, leur annonça qu’il allait dans sa chambre car il était fatigué. Personne ne le retint.

Dépité, les épaules basses, il retourna dans ses quartiers. Quand il ouvrit la porte, une pluie de confettis tomba du plafond. Au milieu de la pièce, une petite table avait été posée, avec un énorme gâteau d’anniversaire dessus. Derrière, une banderole avait été accrochée. « Joyeux anniversaire » Et sur son lit, il aperçut une pile de cadeaux.

– Vous croyiez vraiment que nous vous avions oublié ? murmura Lapin-san tout contre oreille.

Il ne l’avait pas entendu arriver derrière lui, mais maintenant, il sentait son souffle chaud sur sa peau. Le Jardinier se tourna vers Lapin-san, dont les yeux brillaient d’amusement et un petit sourire flottait sur les lèvres.

surprise

– Vous devriez voir votre tête, continua-t-il. Quand la Carotte m’a proposé de vous jouer un tour, je n’étais pas d’accord. Vous savez bien que ce n’est pas trop ma tasse de thé. J’avais encore des doutes ce matin. Vous sembliez si désespéré !
– C’était méchant ! répliqua le Jardinier.

Lapin-san émit un petit rire, avant de dire :

– Ne le prenez pas comme ça. Je saurais me faire pardonner.

Était-ce lui ou la voix de son ami était plus suave que d’habitude ? Le Jardinier n’eut pas le temps de se poser plus de question, car la Carotte vint briser ce moment :

– Bon, on le mange ce gâteau ?

Le Jardinier se retrouva devant le gâteau, entouré de ses deux acolytes. La Carotte pépiait, racontant avec moult détails les différents moments de la journée où elle avait failli exploser de rire face à l’air morose du Jardinier. Lapin-san écoutait, un sourire aux lèvres. La journée se terminait bien. Ils dégustèrent le gâteau, ouvrirent les cadeaux et pendant toute la soirée, le Jardinier se demanda bien comment Lapin-san comptait se faire pardonner. Au souvenir du souffle chaud contre son oreille, il se dit qu’il avait bien une idée…

Mais ceci est une autre histoire.

 

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